Garantie locative en colocation : comment ça marche
Vous vous apprêtez à emménager en colocation à Bruxelles, ou vous gérez déjà une colocation et la question de la garantie locative vous préoccupe ? Vous n'êtes pas seul. La garantie locative en colocation est l'un des sujets qui génère le plus de confusion, de malentendus et, parfois, de conflits sérieux entre colocataires, mais aussi avec les propriétaires.
Contrairement à une location classique où tout est relativement simple, un locataire, un bailleur, une garantie, la colocation introduit une complexité supplémentaire : plusieurs personnes partagent un même logement, parfois avec des contrats différents, des arrivées et des départs décalés, et des contributions financières qui ne sont pas toujours égales. Dans ce contexte, la garantie locative devient un véritable enjeu organisationnel, juridique et humain.
Cet article vous explique, de façon claire et pratique, tout ce que vous devez savoir sur la garantie locative en colocation en Belgique, et plus particulièrement à Bruxelles : comment elle fonctionne, comment la constituer, comment la répartir entre colocataires, et surtout comment éviter les mauvaises surprises au moment de la restitution.
Qu'est-ce que la garantie locative et pourquoi existe-t-elle ?
Avant d'entrer dans les spécificités de la colocation, il est utile de rappeler ce qu'est exactement la garantie locative. En droit belge, la garantie locative est une somme d'argent versée par le locataire au début du bail pour protéger le propriétaire contre d'éventuels impayés de loyer ou dégâts locatifs constatés à la fin de la location.
En Région de Bruxelles-Capitale, le montant maximum de la garantie locative est fixé à deux mois de loyer pour les baux d'habitation soumis au Code du logement bruxellois. Cette règle s'applique que vous soyez seul locataire ou en colocation.
La garantie n'est pas un cadeau fait au propriétaire : elle lui appartient en garantie, mais elle reste en principe la propriété du locataire. Elle doit être placée sur un compte bloqué au nom du locataire, générer des intérêts, et être restituée intégralement à la fin du bail si aucun dommage ni impayé ne justifie une retenue.
Cette mécanique simple devient nettement plus complexe dès que plusieurs personnes entrent dans l'équation.
La garantie locative en colocation : les configurations possibles
En colocation, il n'existe pas une seule façon de gérer la garantie locative. La configuration dépend largement du type de bail choisi et des arrangements entre les colocataires.
Un bail unique signé par tous les colocataires
Dans cette configuration, la plus courante pour des colocataires qui se connaissent et emménagent ensemble, tous les colocataires signent le même contrat de bail avec le propriétaire. Ils sont dits colocataires solidaires.
Ici, la garantie locative est généralement une somme globale correspondant à deux mois du loyer total du logement. Par exemple, si le loyer est de 1 500 euros par mois, la garantie s'élève à 3 000 euros.
La question qui se pose immédiatement : qui paie quoi ?
En théorie, le propriétaire n'a aucune obligation de se préoccuper de la répartition interne entre colocataires. Pour lui, la garantie est une somme globale. En pratique, il reviendra aux colocataires de définir entre eux comment ils contribuent à cette garantie, et surtout comment ils la récupèrent au moment du départ.
Des baux individuels par chambre
Dans certaines colocations, notamment celles proposées par des investisseurs immobiliers ou des agences spécialisées, chaque colocataire signe un bail individuel pour sa chambre, avec éventuellement un droit d'usage des parties communes. Dans ce cas, chaque locataire constitue sa propre garantie locative, proportionnelle au loyer de sa chambre. La gestion est beaucoup plus simple en cas de départ ou d'arrivée d'un colocataire.
La sous-location
Une troisième configuration existe : l'un des colocataires est le locataire principal et sous-loue à ses colocataires. Dans ce cas, le locataire principal constitue la garantie vis-à-vis du propriétaire, et peut à son tour demander une garantie à ses sous-locataires. Cette configuration est légalement possible à Bruxelles sous certaines conditions, mais elle crée une relation asymétrique qui mérite une attention particulière.
Pour la suite de cet article, nous allons nous concentrer principalement sur la configuration la plus répandue en colocation entre particuliers : le bail unique avec plusieurs colocataires solidaires.
Comment constituer la garantie locative en colocation ?
Le compte bloqué : la solution de référence
En Belgique, la manière la plus courante et la plus recommandée de constituer une garantie locative est d'ouvrir un compte bancaire bloqué au nom du locataire (ou des colocataires). Ce compte est ouvert auprès d'une banque, et la somme déposée ne peut être débloquée qu'avec l'accord des deux parties, locataires et propriétaire, ou sur décision de justice.
En colocation avec un bail unique, il est possible d'ouvrir un seul compte bloqué au nom de l'ensemble des colocataires, ou au nom de l'un d'entre eux qui a été désigné comme référent. Cette désignation est purement administrative et ne change pas la responsabilité solidaire des colocataires vis-à-vis du propriétaire.
Attention : le compte bloqué doit clairement identifier qu'il s'agit d'une garantie locative pour le bien concerné. Le numéro du compte et la banque doivent idéalement figurer dans le contrat de bail.
La garantie via le CPAS
Pour les personnes qui n'ont pas les moyens de constituer la garantie locative d'un seul coup, le CPAS (Centre Public d'Action Sociale) peut intervenir sous forme d'une garantie écrite ou d'une avance remboursable. Chaque colocataire peut faire une demande individuelle au CPAS de sa commune s'il remplit les conditions.
Il est important de souligner que disposer d'une documentation claire sur vos droits et obligations en colocation, comme un pacte de colocation bien rédigé, peut aider à documenter votre situation et faciliter certaines démarches administratives, sans toutefois garantir l'obtention d'une aide sociale.
La garantie bancaire via une institution financière
Certaines banques proposent également des garanties locatives sous forme d'une lettre de garantie, sans immobilisation réelle d'argent. Le locataire paie une prime, et la banque se porte garante auprès du propriétaire. Cette formule est moins répandue mais peut être utile lorsque les liquidités manquent.
Répartition de la garantie entre colocataires : organiser les choses dès le départ
C'est souvent là que les problèmes commencent. Faute d'accord clair au moment de l'emménagement, la répartition de la garantie locative devient une source de tensions, parfois même de conflits judiciaires, au moment des départs successifs.
Principe de base : la contribution proportionnelle
La solution la plus logique et la plus équitable consiste à ce que chaque colocataire contribue à la garantie proportionnellement à sa part du loyer. Si trois colocataires paient chacun 500 euros de loyer pour un total de 1 500 euros, et que la garantie est de 3 000 euros, chacun contribue à hauteur de 1 000 euros.
Ce principe est simple à poser, mais il doit être formalisé par écrit. Un accord verbal, même entre amis proches, ne résiste généralement pas à la pression financière qui survient lors d'un départ.
Que se passe-t-il quand un colocataire part en cours de bail ?
Voilà la situation la plus délicate. Imaginons que l'un des trois colocataires décide de partir. Le bail continue avec les deux colocataires restants (et éventuellement un nouveau colocataire qui arrive). Que devient la part de garantie du colocataire qui part ?
Il existe plusieurs approches :
Option 1 : Le colocataire sortant récupère sa part auprès du nouveau colocataire. Si un nouveau colocataire arrive et verse sa part de garantie, le colocataire sortant peut récupérer sa contribution directement auprès du nouveau venu. C'est logique et propre, mais cela suppose que tout le monde soit d'accord et que le montant soit clairement défini à l'avance.
Option 2 : Le colocataire sortant récupère sa part auprès des colocataires restants. Dans ce cas, les colocataires restants remboursent au sortant sa contribution, quitte à être remboursés plus tard par le nouveau colocataire. Cette option demande une confiance mutuelle et une capacité financière des colocataires restants.
Option 3 : La part reste bloquée jusqu'à la fin du bail. Légalement, tant que le bail court et que les colocataires sont solidaires, la garantie reste entièrement bloquée. Le colocataire sortant ne peut donc pas techniquement exiger la restitution de sa part tant que le bail n'est pas terminé, sauf accord amiable entre toutes les parties.
Cette troisième réalité est souvent la source de surprises désagréables. Un colocataire qui pensait récupérer sa garantie en partant se retrouve à attendre la fin effective du bail, parfois plusieurs années plus tard.
La solution : anticiper dans un document écrit. Un pacte de colocation qui prévoit explicitement ces différents scénarios permet d'éviter ces situations. En définissant à l'avance les règles du jeu, qui doit rembourser qui, dans quel délai, selon quelles conditions, vous vous épargnez bien des désagréments.
Le préavis en colocation à Bruxelles
À Bruxelles, en vertu du Code du logement bruxellois, le préavis pour quitter un logement est généralement de 2 mois pour le locataire. Ce délai commence à courir le premier jour du mois suivant la notification du préavis.
Si un colocataire souhaite partir et que le bail prévoit son remplacement, il doit en principe notifier son départ avec ce préavis de 2 mois. Si aucun remplaçant n'est trouvé malgré des recherches actives, une indemnité peut être due selon les termes du bail ou du pacte de colocation. Il est essentiel de le préciser noir sur blanc dès le début : qui est responsable de trouver un remplaçant ? Dans quel délai ? Quelles sont les conséquences si aucun remplaçant n'est trouvé après une recherche active et documentée ?
L'absence de règles claires sur ce point est l'une des principales causes de conflits en colocation.
La restitution de la garantie : vos droits et les pièges à éviter
La fin de la colocation est le moment de vérité pour la garantie locative. C'est là que les tensions peuvent éclater si les choses n'ont pas été bien préparées.
Le principe général de restitution
À la fin du bail, le propriétaire dispose d'un délai raisonnable pour restituer la garantie locative. Généralement dans les 2 à 3 mois suivant la remise des clés. Ce délai lui permet de vérifier l'état du logement, de faire réaliser des travaux si nécessaire, et de vérifier qu'aucun loyer n'est impayé.
Si le logement est restitué en bon état, sans impayés, la garantie doit être rendue intégralement, avec les intérêts générés pendant toute la durée du bail.
Si des dégâts sont constatés ou des loyers restent impayés, le propriétaire peut retenir tout ou partie de la garantie. Mais cette retenue doit être justifiée et documentée : il ne peut pas simplement décider de garder la somme sans fournir de preuves (factures de réparation, état des lieux comparatif, etc.).
L'état des lieux : votre meilleure protection
En droit belge, l'état des lieux d'entrée est obligatoire pour les baux d'habitation. Il doit être établi contradictoirement, c'est-à-dire en présence du propriétaire et du (ou des) locataire(s), et signé par toutes les parties.
En colocation, tous les colocataires présents au moment de l'entrée dans les lieux devraient signer l'état des lieux. Cela leur permet de contester toute retenue abusive à la fin du bail en démontrant que les dégâts existaient déjà avant leur emménagement.
L'état des lieux de sortie est tout aussi important. Il doit idéalement être réalisé le jour de la remise des clés, avec toutes les parties présentes. En cas de désaccord sur un point, il doit être noté explicitement dans le document.
Conseil pratique : Prenez des photos datées à l'entrée et à la sortie. En cas de litige, ces preuves visuelles sont précieuses.
Les dégâts locatifs en colocation : qui paie quoi ?
En situation de colocataires solidaires, tous les colocataires sont responsables solidairement des dégâts locatifs. Cela signifie que le propriétaire peut réclamer l'intégralité des réparations à n'importe lequel des colocataires, sans se préoccuper de savoir qui a causé quel dégât.
Entre colocataires, la répartition des responsabilités est une question interne. Si l'un d'eux a cassé quelque chose, il est logique qu'il assume le coût de la réparation. Mais sans accord écrit préalable, prouver qui a causé quoi peut s'avérer très compliqué.
Un pacte de colocation bien conçu peut prévoir des règles claires sur la responsabilité pour les dommages : par exemple, un fonds de réparations communes, une procédure pour constater et attribuer les dégâts, ou encore une obligation de signalement immédiat des dommages accidentels.
Quand le propriétaire refuse de restituer la garantie
Si le propriétaire refuse de restituer la garantie sans justification valable, ou si les parties ne s'entendent pas sur le montant à restituer, plusieurs recours sont possibles :
La mise en demeure par lettre recommandée. Avant toute action en justice, envoyez une lettre recommandée au propriétaire dans laquelle vous lui demandez formellement de restituer la garantie dans un délai précis (par exemple 15 jours). Conservez une copie de cette lettre.
La médiation. Avant de saisir un tribunal, tenter une médiation peut permettre de résoudre le litige plus rapidement et à moindre coût. À Bruxelles, des services de médiation locative existent pour aider propriétaires et locataires à trouver un accord.
Le tribunal de la justice de paix. Si aucun accord n'est trouvé, le juge de paix est le tribunal compétent pour les litiges locatifs en Belgique. La procédure est relativement accessible (pas obligatoirement besoin d'un avocat pour les petits montants) et le juge de paix est habitué à trancher ce type de dossiers.
Attention : gardez tous vos documents. Bail, état des lieux, quittances de loyer, correspondances avec le propriétaire. Ces pièces sont indispensables pour défendre votre dossier.
Les erreurs les plus fréquentes en matière de garantie locative en colocation
Après avoir posé les bases théoriques, voici un tour d'horizon des erreurs les plus souvent commises en pratique.
Erreur n°1 : Ne pas formaliser la répartition de la garantie
Nombre de colocataires s'entendent verbalement sur qui paie quoi et se retrouvent, un an ou deux ans plus tard, à ne plus se souvenir des termes exacts de l'accord. Pire, l'un d'eux nie catégoriquement s'être engagé à rembourser les autres lors de son départ.
La règle d'or : mettez tout par écrit, même entre amis.
Erreur n°2 : Oublier que la solidarité s'applique aussi à la garantie
Si un colocataire ne paie pas sa part de loyer et disparaît dans la nature, les autres colocataires restent solidairement responsables. Le propriétaire peut piocher dans la garantie pour couvrir ces impayés, et ce sont les colocataires restants qui en feront les frais.
Anticiper cette situation dans un accord interne, par exemple en définissant une procédure d'alerte rapide et une mise en demeure du colocataire défaillant, peut permettre de limiter les dégâts.
Erreur n°3 : Ne pas récupérer sa part lors du départ
Un colocataire qui part sans organiser la récupération de sa part de garantie prend un risque réel. Si ses anciens colocataires ne sont pas en bonne situation financière au moment de la fin du bail, il risque de ne rien récupérer, même si lui-même n'a commis aucune faute.
Organisez la passation avec le nouveau colocataire, faites-la constater par écrit, et récupérez votre mise dès que possible.
Erreur n°4 : Ne pas réaliser d'état des lieux d'entrée
C'est une erreur plus fréquente qu'on ne le pense, souvent parce que le propriétaire minimise son importance ou que les colocataires sont pressés d'emménager. Sans état des lieux d'entrée signé, en cas de litige, le locataire est présumé avoir reçu le logement en bon état, ce qui complique singulièrement la contestation des retenues à la fin du bail.
Erreur n°5 : Confondre la garantie avec un premier mois de loyer
La garantie locative n'est pas un loyer. Elle est distincte et ne peut pas être utilisée pour payer le dernier mois de loyer, sauf accord explicite du propriétaire. Tenter de le faire unilatéralement met le locataire en situation d'impayé et expose à des poursuites.
La gestion des départs et arrivées successifs : un enjeu central
L'une des caractéristiques de la colocation est la rotation des occupants. Contrairement à une location classique, les colocataires ne sont souvent pas tous présents du début à la fin du bail. Cette réalité crée des situations complexes du point de vue de la garantie.
Organiser la passation de garantie entre colocataire sortant et entrant
Lorsqu'un colocataire quitte la colocation et est remplacé par un nouveau, la passation de la part de garantie doit être organisée explicitement. Voici le schéma idéal :
- Le colocataire entrant verse sa part de garantie dans le compte bloqué ou directement au colocataire sortant (selon ce qui a été prévu dans l'accord interne).
- Le colocataire sortant récupère sa part en échange, soit via un virement bancaire, soit via la mécanique du compte bloqué si celui-ci a été organisé en ce sens.
- Un document de passation est signé entre les trois parties (sortant, entrant, et idéalement les colocataires restants) attestant de ce transfert.
Ce document de passation est crucial : il protège le colocataire sortant (qui prouve qu'il a récupéré sa mise et n'est plus impliqué dans la garantie) et le colocataire entrant (qui prouve qu'il a bien versé sa contribution).
Le rôle du propriétaire dans ces mouvements
Le propriétaire n'est en principe pas impliqué dans la répartition interne de la garantie entre colocataires. En revanche, si le bail change (ajout ou retrait d'un nom de locataire), le propriétaire doit en être informé et donner son accord. Un avenant au bail peut être nécessaire.
En pratique, certains propriétaires préfèrent ne pas modifier le bail et acceptent les changements de colocataires de façon informelle. Cette approche comporte des risques pour toutes les parties et n'est pas recommandée.
La situation du colocataire qui part sans remplaçant trouvé
Si un colocataire souhaite partir et qu'aucun remplaçant n'est trouvé après une recherche active, la situation se complique. À Bruxelles, le préavis légal est de 2 mois. Pendant ce délai, le colocataire sortant reste tenu par le bail.
Si, malgré des recherches actives et documentées, aucun remplaçant n'est trouvé à l'issue du préavis, une indemnité peut être due. Le montant et les conditions de cette indemnité doivent idéalement être définis à l'avance dans un accord entre colocataires.
C'est précisément ce type de situation que les accords écrits entre colocataires permettent de gérer sereinement, en fixant les règles du jeu avant que les tensions ne surgissent.
Garantie locative et colocation en pratique : un exemple concret
Pour illustrer tout ce qui précède, voici un exemple concret inspiré de situations réelles.
La situation de départ : Alexandre, Béatrice et Chloé signent un bail pour un appartement à Ixelles (Bruxelles). Le loyer mensuel est de 1 800 euros, soit 600 euros par personne. La garantie locative est de 3 600 euros (deux mois de loyer), soit 1 200 euros par colocataire. Ils ouvrent un compte bloqué conjoint et y versent chacun leur part.
Un an plus tard : Alexandre souhaite partir pour des raisons professionnelles. Il donne son préavis de 2 mois et cherche activement un remplaçant. Il trouve David, qui accepte de prendre sa place.
La passation : David verse 1 200 euros directement à Alexandre (conformément à leur accord de colocation), et un document de passation est signé par Alexandre, David, Béatrice et Chloé. Un avenant au bail est signé avec le propriétaire, retirant le nom d'Alexandre et ajoutant celui de David.
Deux ans plus tard : Le bail se termine. Béatrice, Chloé et David rendent l'appartement en bon état. Quelques petites réparations sont nécessaires (une vitre fêlée, une poignée de porte cassée), pour un montant total de 180 euros. Le propriétaire restitue 3 420 euros (3 600 - 180), avec les intérêts générés.
La répartition finale : Les trois colocataires se partagent les 3 420 euros à parts égales (1 140 euros chacun), conformément à leur accord interne. Tout s'est passé sans litige, parce que les règles étaient claires dès le départ.
Ce qui aurait pu mal tourner : Sans accord écrit, Alexandre aurait pu partir sans que la passation de sa part de garantie soit formalisée. David aurait pu ne rien verser en pensant que la garantie restait bloquée. À la fin du bail, un conflit aurait éclaté sur qui avait droit à quoi.
Les outils pour sécuriser votre colocation dès le départ
Le contrat de bail : base obligatoire
Le contrat de bail est le document fondateur de toute relation locative. En Région de Bruxelles-Capitale, le bail d'habitation est soumis au Code du logement bruxellois, qui impose certaines mentions obligatoires. Le bail doit être enregistré (gratuitement pour les baux d'habitation principale), ce qui lui confère une date certaine et le rend opposable à des tiers.
Le pacte de colocation : l'accord interne indispensable
Le contrat de bail règle la relation entre les locataires et le propriétaire. Mais il ne règle pas, ou très peu, les relations entre colocataires eux-mêmes. C'est là qu'intervient le pacte de colocation.
Le pacte de colocation est un accord entre colocataires qui définit les règles de vie commune, mais aussi et surtout les aspects financiers : partage du loyer, charges, dépenses communes, et bien sûr la garantie locative. Il peut prévoir :
- Le montant de la contribution de chaque colocataire à la garantie
- Les modalités de restitution en cas de départ
- La procédure de recherche et d'acceptation d'un nouveau colocataire
- Les conditions dans lesquelles une indemnité est due en cas de départ sans remplaçant trouvé après recherche active
- Les règles de responsabilité en cas de dégât
- La procédure de résolution des conflits
Un pacte de colocation bien rédigé n'est pas un document de méfiance : c'est au contraire un outil de confiance mutuelle, qui permet à chacun de savoir exactement où il en est et ce qu'il peut attendre des autres.
L'état des lieux : un document juridique essentiel
Comme mentionné précédemment, l'état des lieux est obligatoire et doit être établi contradictoirement. Prenez le temps de le réaliser sérieusement, pièce par pièce, en notant tout. Même les détails qui semblent insignifiants. Une tache sur un mur notée à l'entrée ne pourra pas vous être reprochée à la sortie.
Questions fréquentes sur la garantie locative en colocation
Peut-on utiliser la garantie pour payer le dernier mois de loyer ?
Non, en principe. La garantie est bloquée et ne peut être libérée qu'à la fin du bail avec l'accord du propriétaire, ou sur décision de justice. L'utiliser unilatéralement pour payer le dernier mois de loyer constitue un manquement au bail et peut exposer à des poursuites. Sauf si le propriétaire accepte explicitement, par écrit, cette imputation.
La garantie génère-t-elle des intérêts ?
Oui. Un compte bloqué pour garantie locative génère des intérêts qui s'accumulent pendant toute la durée du bail. Ces intérêts appartiennent au locataire et doivent lui être restitués avec le capital à la fin du bail (déduction faite des éventuelles retenues justifiées). Les taux d'intérêt sont actuellement bas, mais sur plusieurs années, cela peut représenter une somme non négligeable.
Que faire si le propriétaire demande une garantie supérieure à deux mois de loyer ?
C'est illégal pour les baux d'habitation à Bruxelles soumis au Code du logement bruxellois. Le montant maximum est fixé à deux mois de loyer. Si un propriétaire demande plus, vous pouvez refuser et lui rappeler la règle légale. Si vous avez versé un montant supérieur, vous pouvez demander le remboursement de la différence.
Un propriétaire peut-il refuser un nouveau colocataire ?
Cela dépend des termes du bail. En général, le propriétaire a son mot à dire sur le remplacement d'un colocataire, notamment si le bail prévoit son accord préalable. Il est important de vérifier cette clause dans votre bail et d'anticiper cette démarche bien avant le départ effectif du colocataire sortant.
La garantie protège-t-elle contre tous les risques ?
Non. La garantie couvre les impayés de loyer et les dégâts locatifs constatés à la fin du bail. Elle ne couvre pas les dommages causés aux autres colocataires (vol, dégradation des affaires personnelles), ni les conflits de voisinage, ni les impayés de charges séparées. Pour ces situations, d'autres recours existent, mais ils sont souvent plus complexes à mettre en œuvre.
Récapitulatif : les bonnes pratiques pour gérer la garantie locative en colocation
Pour conclure cet aspect pratique, voici les règles d'or à retenir :
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Formalisez tout par écrit dès le départ : montant de la contribution de chaque colocataire, compte bloqué, modalités de restitution en cas de départ.
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Réalisez un état des lieux d'entrée sérieux et photographiez tout. Gardez une copie signée par toutes les parties.
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Anticipez les départs : définissez à l'avance la procédure de passation de garantie entre colocataire sortant et entrant.
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Respectez le préavis de 2 mois à Bruxelles et documentez vos recherches de remplaçant si nécessaire.
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Conservez tous vos documents : bail, quittances, correspondances, avenant. En cas de litige, ces pièces sont vos meilleures alliées.
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En cas de désaccord sur la restitution, envoyez d'abord une mise en demeure par recommandé, et si nécessaire, adressez-vous au juge de paix de votre arrondissement.
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Rédigez un pacte de colocation qui couvre explicitement la question de la garantie locative.
Formaliser votre colocation : la solution pacte-coloc.be
Gérer une colocation à Bruxelles, c'est naviguer entre la législation locative bruxelloise, les relations humaines et les enjeux financiers. Dont la garantie locative est l'un des plus sensibles. La bonne nouvelle, c'est que la plupart des problèmes qui empoisonnent les colocations peuvent être évités en formalisant les règles du jeu dès le départ.
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